Nos langues ancestrales

Nos langues ancestrales - Comité régional des langues ancestrales

Des langues tissées de relations...

Nos langues ont une empreinte immémoriale sur nos territoires. Premières langues parlées en ces terres, elles se sont tissées au fil des relations que nos ancêtres ont entretenu avec leur environnement et le sacré.

Plus qu’un héritage, nos langues portent nos visions du monde et les valeurs qui imprègnent et guident toutes nos relations avec l’univers qui nous entoure. 

Nos langues, nos Nations

Dix langues des Premières Nations, chacune avec plusieurs variantes, sont enracinées dans le territoire que l’on nomme aujourd’hui Québec-Labrador. 


Ces dix langues appartiennent à deux grandes familles linguistiques : algonquienne et iroquoienne.

Langues Nations
Famille algonquienne
Aln8ba8dwaw8gan W8banaki
Anicinabemowin Anicinabe
Iiyiyuu ayimuun Eeyou
Innu-aimum
Nelueun
Innu
Ilnu
ᐃᔪᐤᐃᔨᒧᐅᓐ (iyuw iyimuuun) Naskapi
Mi’gmaw Mi’gmaq
Nehirowimowin Atikamekw
Wolastoqey latuwewakon Wolastoqiyik
Famille iroquoienne
Kanien’kéha Kanien’kehá:ka
Wendat Wendat

Note : la graphie des noms des langues et des Nations varie selon les préférences et usages locaux. 

Le fil des générations

Notre tradition orale

Nos langues sont de tradition orale: la transmission de nos savoirs, récits, lois, chants et enseignements spirituels se fait traditionnellement par voie orale, dans la langue ancestrale.

La tradition orale incarne une mémoire collective, une manière d’être en relation avec le territoire, les événements et les êtres qui se transmet d'une génération à l'autre.

Parce qu'elles sont vivantes, nos langues ont évolué et elles continuent de se transformer, mais elles font partie de nos identités et occupent une place essentielle dans la continuité des savoirs et la vitalité de nos cultures.

Les langues des Premières Nations sont-elles toujours parlées?

Elles ne sont pas que parlées, mais aussi chantées et écrites!

En 2021, près de 34 000 membres des Premières Nations au Québec affirmaient pouvoir converser dans une langue ancestrale. 

Le degré de vitalité des langues des Premières Nations varie d’une Nation à une autre et d’une communauté à une autre. Des initiatives de vitalisation de la langue sont menées par toutes les Nations.

L'héritage du colonialisme

Nos langues cohabitent depuis des millénaires, mais elles ont été mises à rude épreuve au cours des derniers siècles, voire des dernières décennies.

Les politiques coloniales des gouvernements fédéral et provinciaux, par exemple l’interdiction de parler une langue ancestrale dans les pensionnats autochtones, ont eu des effets dévastateurs sur la vitalité de nos langues et sur la santé de nos Nations.

L’objectif des pensionnats était précisément de couper les liens familiaux qui permettaient la transmission de nos cultures et de nos langues à la génération suivante.

Privés d’affection durant l’enfance, dépossédés des sources qui alimentent l’identité et placés dans un système scolaire punitif qui dénigrait les cultures et les langues autochtones, les survivants des pensionnats en sont majoritairement sortis brisés. 

La transmission des langues, elle, s'est effritée.

Quels ont été les effets des politiques coloniales sur les langues des Premières Nations?

La rupture de la transmission intergénérationnelle s'est fait durement sentir. Au 20e siècle, dans plusieurs communautés, les langues sont passées d'omniprésentes à minoritaires.

En 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada a conclu que la situation précaire des langues autochtones était le résultat des effets intergénérationnels de plusieurs décennies de génocide culturel.  

Néanmoins, la résilience des communautés et des langues des Premières Nations au Québec est remarquable. 

Un lendemain nourri par la résilience

Chaque moment où nous parlons nos langues est un rappel que les politiques coloniales ont échoué.

Le système colonial a cherché à effacer les perspectives et contributions autochtones.

Il a brouillé nos repères et affaibli notre confiance. Il a causé des déchirures dans notre tissu social et familial et fracturé les structures qui permettaient à nos peuples d'être autonomes, de se nourrir et de se gouverner.

Mais il a grandement sous-estimé notre résilience, notre savoir-être et notre détermination collective à choisir la vertu plutôt que la honte.